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LA FIGURATION LIBRE

La figuration libre, c’est : « prendre la liberté de faire figurer toutes formes de représentations sans frontière de mode d’expression ni d’origine géographique, sans hiérarchie de valeur entre haute et basse culture ». C’est ainsi qu’Hervé Perdriolle, qui en fut le théoricien, définit ce mouvement qui réunit dès 1981 un groupe d’artistes autour de Robert Combas, les Frères Di Rosa, Rémi Blanchard et François Boisrond auxquels se joindront, lors de leurs séjours en France les Américains Keith Haring et Jean Michel Basquiat.

Ben (Vautier) qui invente, en 1981, l’expression « figuration libre » pour désigner le groupe d’artistes réunis autour de Robert Combas et d’Hervé Di Rosa, définit ainsi ce mouvement :

30% Provocation anti-culture
30% Figuration Libre
30% Art brut
10 % de folie
Le tout donne quelque chose de nouveau

La figuration libre participe de l’esprit libertaire né des événements de 1968. En rejetant tous les carcans sociaux, toutes les idéologies, de droite comme de gauche, en balayant les canons esthétiques, en privilégiant les images banales comme celles des bandes dessinées, la figuration libre vise à instituer l’univers mental individuel comme seul champ de référence de l’art.

Sans en être le promoteur initial, Jacques Savary inscrit son œuvre dans cette même perspective nihiliste mais, en grand artiste, il enrichit cette néantisation du banal quotidien, de ses propres mythes et de la flamboyance inégalée de ses couleurs.

Jacques SAVARY

Jacques SAVARY est un peintre plasticien né à Coutances en 1952 et décédé en forêt d’Olonne le 20 août 1987. Une part importante de son œuvre se rattache au mouvement de la
Figuration libre.
Jacques Savary est né le 4 décembre 1952 à Coutances dans la Manche. Il est l’aîné des 3 enfants. Son père, technicien au ministère de la reconstruction est nommé à La Roche sur Yon où toute la famille s’installe en 1961.

Après une scolarité chaotique dans divers établissement yonnais, Jacques Savary décrochera finalement un diplôme de l’enseignement technique qui lui permettra d’entrer à la DDE en 1973.

Sa maman a toujours été sensible aux arts graphiques et a elle-même pratiqué le dessin initiant ainsi son fils aîné à l’art.
Après une pratique occasionnelle du dessin, Jacques Savary décide en 1978, à l’issue d’un échec sentimental, que la peinture tiendra une place essentielle dans sa vie [1].
Il entreprend alors d’explorer ses propres possibilités [2]. Ses recherches, la ville de La Roche-sur-Yon lui permettra de les
présenter au public dans le Hall du Conservatoire en novembre 1983.

Son art est alors caractérisé d’une part par une réduction géométrique de la réalité en monochromie ou bichromie [3] et d’autre part en recherches gestuelles, peintures de signes colorés [4].

L’été 1984, il expose à Rochefort sur mer dans le cadre d’une manifestation consacrée à 16 jeunes créateurs. Il y présente ses nouvelles recherches : serpillères moulées sur des galets, spirales en aggloméré chargé d’enduit, empreintes de cordes délimitant tracés ou zones colorées sur divers supports.
L’année 1985 sera décisive dans l’évolution de son art. En février, c’est le choc Robert Combas auquel le musée des Sables d’Olonne consacre la première rétrospective [5]. Autre révélation, en décembre de cette même année, avec l’exposition consacrée à Keith Haring par le CAPC, le musée d’art contemporain de Bordeaux.

Ces deux rencontres vont lui révéler ce qu’il portait en lui, des images brutales, subtiles, ironiques, complexes, lumineuses, ancrées dans le réel et distantes à la fois et renforcer ce que l’art de Gaston Chaissac lui avait laissé entrevoir.
Jacques Savary produit alors de manière continue et intensive.
De 1985 à 1987, les esquisses préparées pendant la journée au bureau deviennent chaque nuit, dans son appartement yonnais atelier-bric à brac lieu de rencontres de ses nombreux amis, des œuvres majeures de la Figuration Libre.

En 1987, une jeune galerie parisienne lui offre l’occasion de faire connaître ses recherches au public parisien. La consécration semble proche. Le vernissage doit avoir lieu le 8 septembre.

Mais, le 20 août 1987, un avion Cessna décolle des Ajoncs avec à son bord, Gabriel Legrand, Ingénieur subdivisionnaire à la DDE, Henri Lebois, responsable d’étude des plans d’occupation des sols et un dessinateur de bureau d’études, Jacques Savary, qui remplace un de ses collègues pour réaliser des prises de vues. Leur mission : effectuer des relevés topographiques sur les conditions d’accès aux plages dans la forêt d’Olonne.
Bientôt ils sont au-dessus de la forêt, par la porte ouverte Jacques Savary, prend les photos puis, moteur défaillant ou défaut de portance, l’avion s’écrase sur la plage de Sauveterre. Bilan : 4 morts.
Il y aura les hommages de Pierre Méhaignerie, ministre de l’Equipement, les personnalités, les familles rassemblées devant les cercueils, les croix de l’ordre du mérite [6].
Jacques Savary ne peindra plus. Il allait avoir 35 ans.

 

Grâce à ses amis l’exposition parisienne aura quand même lieu, puis l’œuvre de Jacques Savary, malgré les efforts de sa mère et de Charles d’Estève, le poète-galeriste yonnais, tombera dans l’oubli jusqu’à ce que sa sœur, son beau-frère et quelques amis redécouvrent entassés dans la cave maternelle, plus de 200 peintures majeures et près de 500 études, dessins et œuvres de petit format.
Un inventaire méthodique est entrepris, une association est créée « Les Amis de Jacques Savary», des lieux d’exposition recherchés afin de faire connaître et reconnaître l’œuvre [7].

En 2013, l’œuvre commencera à sortir de l’oubli avec l’exposition de quelques pièces majeures dans le cadre d’Echanges de Regards d’Aubigny et en fin d’année à l’Espace Robert Pineau de La Roche-sur-Yon.
Au printemps 2015, dans le cadre du Prieuré Saint Nicolas, la ville des Sables d’Olonne exposera une trentaine d’œuvres produites entre 1984 et 1987.
Cette exposition dont on peut retrouver les images dans ce catalogue.
Tous ont pu apprécier pleinement la richesse des démarches entreprises par l’artiste ; recherches abouties qui font de Jacques Savary un des pionniers de la Figuration Libre dont on découvre depuis quelques années l’importance dans l’histoire de l’art.

Éléments biographiques de Jacques Savary

4 décembre 1952 : Naissance de Jacques Savary d’un père fonctionnaire au ministère de la Reconstruction et d’une mère au foyer.

1961 : La famille Savary s’installe à la Roche-sur-Yon, Vendée.

Fin des années 60 : Scolarité un peu chaotique. Jacques Savary à l’issue de sa formation technique au Lycée Saint Louis cobtient les C.A.P. d’ajusteur et de dessinateur industriel.

1973 : Entre à la D.D.E. Vendée en qualité de dessinateur contractuel au Groupe d’Etudes et de Programmation. Consacre une partie de ses loisirs à « crayonner » portraits ou sujets familiers.

1978 : Jacques Savary décide que la peinture tiendra une place essentielle dans sa vie.
Il entreprend de multiples recherches graphiques.

4 au 23 novembre 1983 : 1ère exposition. Hall du Conservatoire municipal de la Roche-sur-Yon. Prolongation de 2 semainesen raison du succès.

Juin 1984 : Participe à une exposition collective à Gummersbach (Ville allemande jumelée avec la Roche-sur-Yon).

11 juillet-11 août 1984 : Participe à l’exposition Jeunes Créateurs à Rochefort, Charente Maritime.

Février 1985 : Assiste au vernissage de la 1ère rétrospective de Robert Combas au Musée de l’abbaye Sainte Croix des Sables d’Olonne.

13 au 28 décembre 1985 : Carte Blanche au Musée de la Roche sur Yon offerte à Jacques Savary et à son ami Dominique Guillo

Déc. 1985-février 1986 : Exposition Keith Haring au Musée d’art contemporain de Bordeaux. Acquisition du catalogue.

4 au 15 décembre 1986 : Exposition au C.I.O. (Crédit Industriel de l’Ouest) de La Roche sur Yon en compagnie du maitre verrier Eric Brejon.

20 août 1987 : Accident d’avion. Plage de Sauveterre à Olonne-sur-mer (Vendée). Décès.

8 sept. au 4 oct. 1987 : Exposition personnelle posthume, Galerie Est, Rue Keller Paris 11ème.

Mai 1988 : Hommage de la ville de Gummersbach qui expose quelques œuvres.

21 nov. -30 déc. 1988 : Rétrospective organisée par la Ville de la Roche-sur-Yon dans le Hall du conservatoire de musique.

21 janvier-19 février 1994 : Exposition rétrospective organisée par M. Charles d’Estève de la Galerie Entretemps en 16 lieux différents à la ville de La Roche-sur-Yon.

Septembre 1998 : Exposition d’une vingtaine d’œuvres à la Galerie
Art Vivant (La Roche sur Yon).

Mars 2013 : Pour le 25ème anniversaire de la mort de Jacques Savary, exposition d’un ensemble d’œuvres lors d’Echanges de Regards à Aubigny (Vendée).

Décembre 2013 : Exposition Espace Robert Pineau à La Roche-sur-Yon

18 mars au 12 avril 2015 : Exposition au Prieuré Saint Nicolas, Les Sables d’olonne

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21.07 | 20:32
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